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Autrice d'une trentaine d'ouvrages, scénariste, cofondatrice de Parenthèse et militante pour les droits des créateurs : Samantha Bailly est de ces femmes qui refusent de se laisser enfermer dans une seule case. À l'occasion de notre partenariat, nous lui avons posé quelques questions.
Et pour fêter cette rencontre, on lance un concours avec Parenthèse : à gagner, la collection complète des Carnets Goguette (160€) et une nuitée pour deux dans une tiny house avec petit-déjeuner inclus (200€). Tous les détails en bas d'article !
Je suis une créatrice, au sens large. Je ne pense pas par cloisonnement, ce n'est même pas ma structuration de pensée. J'ai toujours eu un très grand intérêt pour la découverte sous toutes ses formes. Je suis quelqu'un de très curieux, qui a besoin de naviguer à des endroits différents et de créer du lien entre des choses qui n'en ont pas a priori. Aujourd'hui, j'ai complètement arrêté de me battre avec ça. Je fais tout ce qui m'intéresse, j'y vais, et j'essaie de créer du lien avec tout ça.
Ça remonte à très loin. J'ai retrouvé mes journaux intimes de 7-8 ans, où je racontais déjà des histoires de chiot abandonné en parallèle de ma vie d'écolière. Il y avait déjà les deux : écrire ma vie, et inventer de la fiction. Depuis, l'écriture est devenue pour moi un outil de déchiffrage. De la même façon que le travail psychologique, on fait la lumière sur quelque chose de plus ou moins obscur. On peut écrire une histoire qui n'a l'air d'avoir rien à voir avec ce qu'on a vécu, et pourtant. C'est une façon d'apprivoiser ses émotions, de sublimer des choses. Je sais que j'écrirai toute ma vie. C'est une nécessité.
J'en ai toujours un dans mon sac. Je m'en sers comme d'un laboratoire : noter des idées de personnages, des pistes de noms, faire mes plans. Ils partent un peu en vrille, soyons clairs, en fonction de ce que j'ai dans le sac ! Mais j'accepte complètement le joyeux chaos. C'est un espace de liberté totale où je peux vider mes pensées. Je peux ne pas les regarder pendant très longtemps, puis les reprendre et tomber sur une idée que j'avais oubliée. Ce rapport au papier, il est très serein. Je n'oppose pas technologie et papier, pour moi ça va ensemble.
Les premières idées de Parenthèse sont sur un carnet, ça va te plaire ! On voyageait avec Antoine, notamment au Japon où on a vécu une semaine dans un temple bouddhiste : méditation, jeûne, tâches quotidiennes. Je me souviens avoir ramassé des agrumes dans un champ et me dire : c'est ça que je veux. Cette quiétude. Tu sais que c'est provisoire, mais tu t'autorises ce pas de côté. C'est là que j'ai tout noté : imaginons qu'on fait un truc ensemble, qu'est-ce que je voudrais dans cette forêt ? J'avais fait les programmes types, le petit dessin de la serre, le plan très mal dessiné de comment les tiny houses pourraient être placées. Le terme de retraite créative n'existait pas encore en France. Je l'ai inventé en m'inspirant de la retraite spirituelle. Je voulais appliquer ce principe à la créativité. Et la dimension spirituelle de Parenthèse, elle n'est affiliée à aucun mouvement particulier. Les gens viennent avec leurs convictions. Moi, je crois à l'intérêt de se créer un espace de dialogue intérieur avec soi-même. C'est peut-être ça, ma spiritualité.
Je pense qu'il y a deux mouvements. Il y a ce qui bouge en soi, quelque chose qui se transforme à l'intérieur. Et il y a ce qu'on peut faire bouger à l'extérieur, sentir dans quelle mesure on peut contribuer et essayer d'avoir un impact à notre petite échelle. Quand je repense aux aventures que j'ai vécues dans ma vie, c'est toujours les deux à la fois. Je cherche toujours l'harmonie. Le conflit doit parfois intervenir, mais pour arriver ensuite à quelque chose de plus harmonieux.
Au départ, c'était presque une question de survie dans un milieu qui n'est pas toujours simple. En touchant les questions juridiques, j'ai rencontré des gens géniaux et j'ai eu la conviction chevillée au corps qu'il y a un vrai vide sur la reconnaissance professionnelle des auteurs en France. Écrire, c'est de la création, mais c'est aussi un travail qui mérite rémunération et protection sociale. Pendant le Covid, j'ai pu négocier avec l'Élysée un dispositif de soutien de 60 millions d'euros pour nos professions. C'est une de mes grandes fiertés, parce que je sais que concrètement ça a permis de sécuriser des gens. J'aime la politique au sens noble du terme. C'est fascinant de se rendre compte que parfois un coup de téléphone peut changer la vie de milliers de personnes.
Mes enfants, d'abord. Avoir la mission d'élever des petits êtres humains et d'essayer de les outiller dans la vie, c'est une expérience extrêmement nourrissante. Ça nous met face à nous-mêmes, face au système. La lecture aussi, tous les jours. Et puis les autres, c'est vraiment ce qui m'inspire le plus. J'observe beaucoup les autres et ils m'intéressent énormément. Je suis persuadée, au travers des groupes que j'accueille dans les retraites, que cultiver son monde intérieur et sa créativité, c'est une question de vivre ensemble.
Ils n'auront jamais le temps. Donc ce temps, il faut le prendre. Il ne faut pas penser aux attentes, plutôt se concentrer sur son besoin intérieur. Et quand on répond à un besoin, les choses sont fluides et viennent assez naturellement.
On s'est associées avec Parenthèse, qui propose des tiny houses nichées en forêt d'Orléans et des retraites créatives pour toutes les âmes qui ont besoin de ralentir et de se retrouver.
À gagner : la collection complète des Carnets Goguette (160€) et une nuitée pour deux dans une tiny house avec petit-déjeuner inclus (200€).
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Crédit photo : Marion Dunyach