février 26, 2026

✨ Dans la lignée de... Clothilde Redon, photographe

Par Sophie Gauthier
✨ Dans la lignée de... Clothilde Redon, photographe

Entre Paris et la Vendée, Clothilde Redon photographie la lumière naturelle, les corps, la poésie de l'ordinaire. Vous reconnaitrez sans doute sa patte car c'est elle qui a immortalisé tous nos carnets ! Cette fois, accompagnée du carnet La Lignée, elle nous confie son rapport à la famille, à la transmission, et à cette expression qu'elle partageait avec sa mamie depuis l'enfance : "la vie la vraie".

Quelle est la personne qui t’inspire dans ta famille ?

Ma mère. Elle est incroyable. J’aurais rêvé la connaître si elle n’avait pas été ma mère. On dit souvent qu’on ne choisit pas sa famille, mais elle, je l’aurais choisie de tout cœur.

Quelle personne de ta famille aimes-tu ou aimerais-tu photographier ?

Ma mère justement, que je photographie encore très timidement. Et ma mamie, que je n’ai pas osé photographier quand elle était encore là. C’est difficile de photographier les personnes qu’on admire le plus. Un mélange de pudeur, et de ne pas vouloir interrompre les moments précieux passés ensemble.

Comment prendre de belles photos de famille selon toi ?

En laissant son cerveau d’adulte de côté, en écoutant son enfant intérieur, en étant très curieuse.

Il est important d’être attentive aux éclats de rire, à l’initiative et à l’envie des enfants. Leur spontanéité guide souvent les adultes de la famille.

Mon amour pour les liens humains prend tout son sens lors de ces séances famille, et m’aide à photographier des connexions entre des personnes qui me sont inconnues. Il n’y a pas de répétition, on découvre leur proximité pour la première fois, on photographie sur l’instant. La technique photo est secondaire, la connexion et la création d’un lien personnel avec les sujets sont essentielles.

Mon œil se concentre sur les petites attentions, les regards et gestes échangés, les objets qui traînent. La poétisation d’un quotidien, de ce qui en déborde.

Aurais-tu une recette, un objet ou un lieu qui symbolise pour toi la famille ?

Les tartines beurre-confiture, et l’odeur du pain grillé. C’est l’image des matins en famille que j’ai eu la chance de connaître, et que j’aime encore aujourd’hui.

Quelle rubrique du carnet La Lignée résonne en toi ?

J’aime l’idée globale du carnet. Je fais le parallèle avec la séance photo famille que je propose. Il s’agit d’appuyer sur pause, de choisir de prendre un temps de partage avec la ou les personnes, de ralentir pour prendre conscience de l’autre.

Une fois que l’on se connaît, j’ai l’impression qu’il est facile d’oublier de continuer à se découvrir encore et toujours, d’être curieux, de questionner l’autre.

J’aime ces petits coups de pouce et ces instants qui questionnent, et qui nous font découvrir des choses absolument nouvelles sur nos proches.

Qu’as-tu reçu de tes lignées maternelles et paternelles ?

Ma lignée maternelle m’a offert l’amour et la curiosité de l’autre, l’attention et la conscience des réalités différentes de la mienne, de penser pour la collectivité et le bien-vivre ensemble. Une sensibilité à l’invisible également.

Ma lignée paternelle m’a appris à composer avec des valeurs différentes, à savoir s’opposer, et me remettre en question. Mon envie de photographier aussi, surtout ! C’est avec mon père et mon grand-père que j’ai eu la chance de commencer la photo enfant.

Que souhaites-tu transmettre à ton tour ?

J’aimerais transmettre mon amour de l’autre, mon empathie, ma sensibilité et mes dualités.

Et beaucoup d’albums photos. J’aime offrir à mes proches des tirages, des albums qui regroupent certains clichés qui comptent, accompagnés de mes mots.

Une anecdote sur ta famille que tu aimerais nous partager ?

L’expression « la vie la vraie » que ma mamie et moi utilisions lorsque j’étais petite.

Les situations simples, la beauté de leur banalité.

Manger une glace en terrasse sous les platanes, boire un sirop à l’eau, gratter un ticket de jeux, se baigner à la rivière en fin de journée après une chaude journée. L’extraordinaire dans les petits riens du quotidien.

L’expression me revient souvent en tête, dans ces moments simples, qui me font éprouver de la gratitude. Un rayon de soleil, l’eau salée qui perle sur la peau, un café en terrasse, découvrir une photo ou l’écriture d’un proche dans un courrier ayant traversé le temps, la simple présence d’un être cher, et souvent, très souvent, lorsque je termine une séance photo, auprès d’une famille, d’une femme que je viens de photographier.


Retrouvez Clothilde sur instagram : @clothilderedon.intime et @clothilderedon

Pour réserver une séance et découvrir son travail : https://www.clothilderedon.com/